La composition comme explication

Gertrude Stein

Gertrude Stein a écrit La Composition comme explication dans un garage, pendant qu’elle observait le démontage et le remontage du moteur de sa Ford. La mécanique de son texte, apparente, en est à la fois le sujet et l’objet. Cette tentative d’élucidation mutuelle entre le fond et la forme constitue la singularité de ce texte et est ce sur quoi nous travaillons sur le plateau, dans le temps de la représentation. Ici, face au texte de Stein, écrit et figé, c’est nous qui sommes le présent. Il y a deux pistes, l’une sonore (le texte), l’autre visuelle (l’action, l’image) et un possible conflit ou décalage entre ces deux réalités. Les séquences corporelles fonctionnent comme des calques qui peuvent être déplacés suivant le mouvement du texte qui procède par répétitions et variations. En prononçant publiquement sa conférence à Cambridge puis Oxford en 1926, l’auteur a indiqué la nécessité de la mise en lecture de son texte et l’importance de sa dimension vocale, sonore et temporelle. Ce texte est une machine qui demande à être mise en marche.
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Pendant très longtemps tout le monde rejette et puis presque du jour au lendemain tout le monde accepte. Dans l’histoire des refusés et de la littérature la rapidité de ce renversement est toujours saisissante. Mais dans les arts le seul problème que pose cette volte-face est le suivant. Quand arrive l’approbation, la chose devient grâce à cette approbation classique. C’est un phénomène naturel un phénomène naturel plutôt extraordinaire qu’une chose approuvée devienne classique. Et quel est l’élément qui caractérise le classique. Ce qui caractérise le classique c’est qu’il est beau. C’est bien entendu l’évidence qu’un chef d’œuvre est beau qu’il soit de premier plan ou non mais le problème lorsque ce chef d’œuvre de premier plan devient classique parce qu’on l’accepte la seule chose qui de ce moment-là soit essentielle aux yeux de la majorité des admirateurs de leur immense majorité, de leur majorité d’admirateurs la plus éclairée c’est qu’il est merveilleusement beau. Bien entendu il est merveilleusement beau, mais quand il est encore irritant troublant stimulant alors là on lui refuse toute qualité de beauté.

Gertrude Stein, La composition comme explication

« Commencer recommencer encore sont des choses naturelles même quand on a une série. Commencer recommencer encore et encore expliquer le temps et la composition sont des choses naturelles. »

Distribution

Avec Estelle Lesage / Lumières Laïs Foulc / Régie générale Esther Silber / msc Mirabelle Rousseau

Représentations

► Espace 40 de La Manufacture, Avignon (juillet 2012)
► Théâtre Koltès de l’université Paris X Nanterre (mars 2010)
► La Colline, colloque sur la performance (janvier 2008)
► Théâtre Antoine Vitez, Université d’Aix-en-Provence (janvier 2007)
► Musée d’Art Contemporain du Val de Marne, Vitry sur Seine (juillet 2006)
► CNSAD, Paris, concours d’admission de l’Institut Nomade (septembre 2005)
► Collectif 12 de Mantes la jolie (décembre 2005)
► Naxos Bobine (novembre 2005)

Production

Le T.O.C. / Avec le soutien de l'Université Paris Ouest Nanterre